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:: Libération de Mulhouse ::

 
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Eisenhower
général des armées

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PostPosted: Sun 13 Dec - 14:44 (2009)    Post subject: Libération de Mulhouse Reply with quote

Il est 5h du matin ce 21 novembre quand les soldats du 6ème régiment de Tirailleurs Marocains installés dans le petit village de Bruebach se réveillent. Dans une heure tout au plus ils doivent entrer dans Mulhouse, ville qualifiée par le quartier général de "vide de troupes allemandes".



Nous suivons leur progression grâce au journal de marche du Capitaine Fourriere.





"Notre itinéraire est jalonné par Zimmersheim, l'auberge de Bruebach et l'Ermitage sur le Rebberg" indique le capitaine Pierre Fourriere. C'est à l'Ermitage qu'il donne les instructions aux deux groupes de la compagnie qui devront prendre la gare en traversant le canal. C'est l'objectif n°1. Un objectif qui doit permettre de rejoindre rapidement la "Adolphe HitlerStrasse" (rue du Sauvage), la "Porte Hermann Goering" (Porte Jeune), pour s'engouffrer dans l'avenue de Colmar et atteindre au plus vite la caserne Coehorn. C'est l'objectif n°2 de la journée.

S'il y a des troupes allemandes à Mulhouse, elles sont sans doute dans les casernes. L'effet de surprise doit jouer. Mais pour assurer la réussite de l'opération, la 6ème compagnie de tirailleurs peut compter sur l’appui de deux tanks Destroyer.
Le capitaine Fourriere a raison de douter d'une absence totale de troupes allemandes. A peine arrivés à proximité de la gare, ses hommes sont soumis à des tirs d'armes automatiques provenant de bâtiments en ruines -le quartier a souffert il y a quelques mois de bombardementsintensifs de l'aviation alliée pour détruire le réseau ferroviaire-.
Pour traverser le pont métallique de la gare, les voltigeurs doivent bondir d'arceaux en arceaux sous les tirs ennemis. Les tanks Destroyers entrent en action et visent les maisons en ruines situées à moins de 200m. Pendant ce temps un petit groupe de tirailleurs réussit à traverser les voies et tente d'atteindre la grande poste de Mulhouse.




devant la gare de Mulhouse (c'est ce char qui sera détruit dans la cour de la caserne), 65 ans après les impacts sont toujours visible sur la façade (a la fin du sujet une photo de la gare prise cet été avec les impacts entouré en rouge)
     

8h, La gare est prise
     

Les tirailleurs atteignent, sans encombre, une maison qui fait l'angle de la rue des Bonnes-Gens.
"Nous mettons nos mitrailleuses en batterie face au quartier dévasté. Jusqu'ici, l'action ne s'est pas trop mal passée. Nous allons maintenant entamer notre second bond qui va mener nos deux groupements vers la Place de la République. Nous avons la surprise de voir devant nous un lieutenant allemand qui se rend. Il jette son arme devant moi et m'annonce qu'il se rend avec sa section. Je le renvoie pour ramener sa section. Les minutes sont longues. Il revient avec une dizaine d'hommes. Pour moi, ces dix hommes ne font pas lecompte et je lui réitère l'ordre de convaincre et de ramener les autres. Le lieutenant s'exécute, appelle par les prénoms, va et vient autour de la maison à côté de celle où nous sommes installés. Nous sommes stupéfaits de voir sortir de la cave de cette maison une quinzaine de soldats allemands que précède un diable de lieutenant plus jeune. Il vocifère et menace son camarade. J'interviens énergiquement. Je ne suis porteur d'aucun galon et rien ne me distingue des marocains qui font bonne garde et qui le bousculeraient volontiers si je ne les empêchais. Je confie ces deux officiers et 25 hommes au Capitaine Imbard qui nous suivait devant de nombreux mulhousiens qui ont assisté à la scène." raconte Pierre Fourriere.


10h, l'entrée dans la rue du Sauvage
     

Il faut maintenant atteindre la rue Principale du Sauvage. Les deux groupes de tirailleurs arrivent sur la Place de la République. Ils y croisent quelques passants surpris, ébahis mais qui n'ont pas encore le courage de manifester leur joie.
"Les deux groupes s'infiltrent par la rue du Sauvage, un groupement sur chaque trottoir, les hommes en file indienne, chaque file les yeux braqués sur les façades de l'autre côté de la rue et devant. Il était 10h lorsqu'à été atteint le premier objectif. Normalement nous devrions être en contact de la caserne Coehorn dans trente minutes, mais notre progression est ralentie par les Mulhousiens de plus en plus nombreux. Ils nous proposent de faire des prisonniers, ici deux officiers, là un groupe de soldats. Nous nous excusons de ne pouvoir glaner des prisonniers à chaque carrefour, nous répondons que nous devons prendre la caserne Coehorn, que d'autres troupes vont nous suivre et les débarrasseront de leurs hôtes indésirables. Nous sommes même arrêtés par des photographes !"


     

A 12h, l'ennemi tire
     

Pierre Fourriere et ses deux groupes de tirailleurs marocains touchent au but. Il est midi et la caserne Coehorn est bientôt en vue.
"Nous abordons le carrefour de la rue Vauban et de l'avenue de Colmar. L'ennemi tire. De ce carrefour, nous sommes trop loin de la caserne et pour nous en approcher, les tanks Destroyer nous ouvrent quelques brèches dans les murs. Tous les murs et les portes sont surmontés de piquets de fer et de ronces artificielles. Nous tentons un premier rush sur la porte en fer et sur la porte en bois donnant accès au bâtiment central. La clôture est électrifiée et nous sommes obligé de nous replier. Nous n'avons aucune perte. Une seconde opération est tentée dans la rue de Turenne avec l'appui des chars. Des coups de feu partent des maisons qui bordent la porte de la caserne. Nous restons sur deux échecs et nous piétinons."


Vers 13h30, l'arrivée des chars
     

Alors que les tirailleurs sont cloués sur place à proximité de la caserne, un grondement se fait entendre par la porte ouest de la route de Colmar. Une section de cinq chars moyens commandés par le Lieutenant de Loisy fait son apparition. Une manœuvre commune va être tentée pour accéder à la caserne.
"Nous suivons les chars courbés en deux et arrivons à une trentaine de mètres de la caserne. Les chars tirent à la mitrailleuse mais pas au canon. Un panzerfaust éclate à une dizaine de mètre environ. Les chars stoppent. Ils épuisent leurs munitions en feux inefficaces et toujours pas de tir au canon. Coehorn résiste toujours. Les tirailleurs sont énervés."



     
15h, l'arrivée de deux automoteurs à canons
     

"Il est 15h. Et nous restons encore une fois sur un échec. La radio me prévient de l'arrivée de deux automoteurs à canons".
Une action conjuguée est entreprise avec les automoteurs. Des Mulhousiens participent à l'opération en alimentant en obus les automoteurs. "Le jour devient plus sombre et facilite les déplacements que nécessite cette ultime tentative. Des flammes et étincelles s'élèvent de la cour intérieure de Coehorn. Les Allemands brûlent leurs archives. L'action prévue s'engage et réussit. Un groupe prend pied dans un bâtiment. Des portes sont verrouillées, certaines s'entrouvrent pour laisser passer une rafale. Nos hommes ripostent".



20h30 Le bâtiment central est pris
     

     

"Le bâtiment central est pris. Il est 20h30. Le nettoyage se poursuit. Le travail est lent, toutes les portes sont fermées. Des prisonniers sont extraits des gravats."




22h30 la dernière tentative de l'ennemi
     

"L'ennemi tente une sortie en force vers 22h30 par la rue de Turenne. Il est cloué sur place par nos feux, l'ennemi a des tués et nous faisons des prisonniers. Ce sera sa dernière tentative. Les cloches de l'église Sainte-Jeanne d'Arc sonnent à toute volée. Par ce signal l'ennemi regroupe ses éléments à la caserne Goehring, ex-Lefebvre. Nous sommes fatigués mais personne ne dormira cette nuit-là. Le nettoyage de la caserne Coehorn ne sera achevé que le 22 novembre à 12h."


   


Pour protéger leur repli le Lieutenant de Loisy fait avancer son char dans la caserne. A peine a-t-il franchi l'enceinte qu'un tir de panzerfaust venant du haut d'un bâtiment touche le dessus de la tourelle. De Loisy est tué sur le coup. Un instant plus tard, un deuxième tir touche le flanc de l'AUSTERLITZ et le char s'enflamme. L'équipage évacue l'engin. Le brigadier Cormy, grièvement blessé, tombe à 50 mètres du char (il décèdera peu après). Pignero est également blessé.
Benes et Bevillon sont indemnes.
 

     

23 novembre, l'attaque de la caserne Lefebvre
     

Même si l'attaque de la caserne Lefebvre n'a pas été confiée à sa compagnie - elle le sera à la septième compagnie de tirailleurs appuyée de chars-, Pierre Fourriere et ses hommes sont en poste à proximité pour empêcher les Allemands de les prendre à revers. Il n'en reste pas moins un observateur privilégié des événements. "Les allemands dit-on, sont nombreux dans cette caserne refuge où un général à son quartier. Des civils y auraient été poussés par les Allemands. Une section d'éclaireurs a pris pied dans un bâtiment proche. Les Allemands contre-attaquent. Le Lieutenant de Loisy s'élance avec son char dans l'entrée de la caserne. Son char est frappé à mort par un panzerfaust et s'immobilise à quelques pas dans la cour. Cette action héroïque permet de dégager les fantassins."
La prise de la caserne Lefebvre marquera la fin des combats en ville. La zone de front va désormais s'établir pour plusieurs mois le long de la Doller. Les Allemands tiendront leurs positions à Lutterbach et Bourtzwiller jusqu'au début février.



la carcasse du char le lendemain, ou il est toujours resté en mémorial
jusqu'à il y a quelques jours ou il a été déplacé de quelques mètres pour permettre le lancement des travaux de réaménagement de la caserne, avant de rejoindre sa place définitive dans un espace spécialement aménagé a la fin des travaux.


et pour finir une photo de la gare de Mulhouse avec au 1er plan le monument de la 1ere division Blindée


     
     

     
Mulhouse a payé un lourd tribu à la guerre : la ville a perdu 1488 habitants dont 499 civils dans les bombardements, 193 soldats tombés dans l'armée française, et 796 dans la Wehrmacht. La reconstruction de la ville ne fut achevée qu'en 1958.


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